06 juin 2007

Ca chatouille ou ça gratouille ?

PARIS (AFP) - Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire (1550-1050 av J.C.), véritable "manuel de médecine", pourra être admiré dès mercredi par les visiteurs du musée du Louvre, après son acquisition par l'Etat grâce au mécénat du groupe Ipsen, a annoncé lundi le ministère de la Culture.

Le papyrus, qui se présente sous la forme de huit feuilles qui constituaient à l'origine un rouleau d'une longueur estimée à sept mètres, devait être remis lundi soir par la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel au président-directeur du Louvre Henri Loyrette, lors d'une cérémonie.

Le document, classé trésor national et acquis 670.000 euros grâce au mécénat du groupe pharmaceutique Ipsen, sera le clou d'une exposition temporaire sur l'art du médecin égyptien organisée du 6 juin au 6 août (Aile Richelieu), avec la présentation notamment d'instruments de médecine et de chirurgie.

Il ira ensuite au département des Antiquités égyptiennes du musée.

Véritable "livre de médecine" le document possède la rare particularité de comporter sur ses deux faces des textes relatifs à un même sujet. Écrit de façon continue par deux scribes différents, il est rédigé en cursive hiéroglyphique, le hiératique, dans une écriture caractéristique du Nouvel Empire, précise le ministère.

Au recto, le premier scribe a recopié un recueil de diagnostics et de recettes médicales. Au verso, les descriptifs sont accompagnés de textes qui transposent la maladie dans un contexte divin où elle trouvait explication et remède.

Cette oeuvre, antérieure de 12 siècles aux écoles de médecine grecques, constitue un document essentiel pour l’histoire de la pensée médicale et de la pharmacie.

Par ses dimensions, par le nombre et la longueur de ses textes, ce papyrus peut être considéré comme le deuxième au monde, après celui conservé à la bibliothèque de l'université de Leipzig en Allemagne.

Le rouleau avait été acquis en Égypte en 1953 par un particulier, qui le rapporta ensuite en France en vertu des accords passés par la République arabe d’Égypte avec l'ex-puissance mandataire. Il a ensuite été proposé en vente publique après le décès de l'acquéreur.

28 novembre 2006

Lamentable mais vrai ?

LE CAIRE (AFP) - Une enquête policière a été lancée en France après l'annonce sur internet d'une mise en vente de cheveux de Ramsès II, le plus célèbre des pharaons, a-t-on appris mardi au Caire dans les milieux archéologiques.

L'archéologue français Christian Leblanc, un des meilleurs connaisseurs de Ramsès II, a indiqué avoir discuté avec un officier de la police judiciaire de Paris en charge de cette affaire, la qualifiant de "scandaleuse".

"Vends mèches de cheveux de la momie de Ramses II", est-il proposé dans une annonce du site Vivastreet.fr par une personne qui propose aussi, photos et certificats à l'appui, de la résine d'embaumement et des bandelettes. Le vendeur affirme dans une notice d'accompagnement être en possession de ces pièces parce que son père faisait partie d'une équipe de scientifiques français chargée d'analyser la momie royale.

Le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, a indiqué être au courant de cette affaire, les services du Conseil supérieur des antiquités (CSA) "travaillant sur le sujet". "On verra de quoi il s'agit réellement", a-t-il ajouté.

Pour M. Leblanc, "il pourrait malheureusement être vrai" que ces pièces soient authentiques. "Si cela est exact, c'est un scandale, c'est lamentable et inacceptable", a-t-il dit. Directeur de recherche au CNRS et patron de la Mission archéologique française de Thèbes-Ouest, M. Leblanc a souligné que "les autorités françaises ont immédiatement, et très bien, fait le nécessaire en diligentant une enquête". Fondateur de l'Association pour la sauvegarde du Ramesseum, temple funéraire de Ramsès II à Louxor, M. Leblanc avait lui-même signé il y a trente ans des documents de transfert de la momie royale en France pour y être soignée.

Conservée au Musée du Caire, la momie de Ramsès II avait été envoyée en France, en 1976, pour déterminer les causes du mal étrange qui rongeait le cadavre du dernier grand pharaon qui régna de 1279 à 1213 avant J.C. "Il était formellement interdit de conserver des prélèvements. Si cela est vrai, c'est un chercheur et non la France qui a trahi la parole donnée", a ajouté M. Leblanc.

Interrogés par l'AFP, d'autres scientifiques et archéologues français en mission actuellement en Egypte ont aussi clamé leur indignation. Le radiologue Roger Lichtenberg, qui a fait partie de l'équipe ayant étudié la momie, s'est déclaré scandalisé, jugeant "lamentable qu'on tente de faire ainsi de l'argent".

Pour l'archéologue Alain Zivie, un des plus célèbres égyptologues français, "on a pas le droit de mettre en vente, ni en scène quelque chose d'aussi prestigieux et symbolique touchant au grand pharaon égyptien".

03 avril 2006

Le musée de Louxor

Le musée de la momification de Louxor est situé sur la Corniche El-Nil. Il est beaucoup plus petit que celui, fort célèbre, de la ville du Caire. Ceci ne lui empêche pas de mettre en valeur une collection qui n'est pas très riche mais qui est très intéressante et de très bonne qualité. On peut y admirer une foule d'objets datant de la fin de l'Ancien Empire jusqu'à la période Mamelouke. Ceux-ci ont pour la plupart été trouvés dans les temples et les sites thébains.

Revenons un peu en arrière et arrêtons nous à mi-chemin entre le temple de Louxor et celui de Karnak. En 1975 le bâtiment moderne qui abrite le musée et qui offre des conditions de visite exceptionnelles a été inauguré par le Président Moubarak. Les statues, stèles, poteries, meubles et autres bijoux ont été mis en scène de façon très réaliste grâce à l'aide du Brooklyn Museum de New York. 

On peut admirer par exemple une pièce entière consacrée à Aménophis III qui n'est autre que le grand-père de Toutankhamon. On y verra une tête géante de ce souverain en granit qui appartient à l'une des statues colossales de son temple funéraire à l'ouest de Thèbes. C'est aussi dans cette salle qu'il ne faut pas manquer la tête de la déesse Hathor en forme de vache découverte dans la tombe de Toutankhamon, faite en bois noir et or, qui fait face à une magnifique statue en pied du dieu Amon.

Dans la grande salle du musée, la plupart des oeuvres et objets datent du Nouvel Empire. Une des pièces les plus remarquables est une effigie en albâtre d'Aménophis III protégé par le dieu-crocodile Sobek. La stèle du roi Kamosé qui se trouve à coté est la plus importante oeuvre archéologique du musée. Ses inscriptions relatent les victoires célèbres remportées face aux Hyksos qui ont dominé l'Egypte durant plus d'un siècle. Non loin de la stèle, se dresse Thoutmôsis III, éternellement jeune, confiant dans sa puissance divine et politique. Un autre salle renferme une multitude de statues, très bien conservées, trouvées lors de banales fouilles dans le Temple de Louxor le 22 janvier 1989. Certaines sont de véritables chefs-d'oeuvre qui représentent des divinités. Conservées sous le sable, elles n'ont donc pas subi les ravages du temps, c'est pourquoi elles donnent l'impression d'être neuves.

A l'étage, la salle des vitrines abrite des bijoux, des amulettes et des statuettes provenant notamment de l'allée des Sphinx du Temple de Louxor. On peut également admirer des vases canopes qui contenaient les entrailles retirées du défunt et embaumées séparément. La grande salle de l'étage rassemble plusieurs statues de divers pharaons ainsi qu'une multitude d'objets trouvés dans les tombes.

Mention très bien à la reconstitution du mur des talatat. Cette oeuvre de 18 m de long faisait partie du Temple d'Akhenaton. A la mort du souverain hérétique, ses successeurs détruisirent le témoignage de son règne afin que l'Egypte connaisse de nouveau la prospérité. Les 40 000 fragments (ou talatat) du mur ont été retrouvés lors d'une fouille en 1960. En partie restauré, on peut voir les peintures représentant des cérémonies d'offrande au dieu Aton, accomplies par Akhenaton et Néfertiti. Cette salle abrite également deux barques provenant de la tombe de Toutankhamon, étrangement pas conservée au musée du Caire, ainsi qu'une statue très rare d'Akhenaton.

 

A savoir :

Horaires d'ouverture :
Octobre à avril de 9h à 13h et de 16h à 21h.
Mai à septembre de 9h à 13h et de 17h à 22h.
Durant le ramadan, le musée est fermé l'après-midi.

Tarifs :
30 £E. 10 £E supplémentaires pour prendre des photos sans flash et 100 £E pour avoir l'autorisation de filmer.

19 mars 2006

Sekhmet en granit noir

LE CAIRE (AFP) - Une équipe d'archéologues allemands a découvert dix-sept nouvelles statues de la déesse Sekhmet, dans le temple d'Amenhotep III à Louxor, en Haute-Egypte, a annoncé dimanche dernier le ministre de la Culture Farouk Hosni.
"L'équipe a découvert les statues de la déesse de la guerre à tête de lion, à côté du site où six statues avaient été découvertes la semaine dernière, dans le temple du pharaon Amenhotep III, sur la rive ouest du Nil", a ajouté M. Hosni dans un communiqué reçu par l'AFP.
"Les statues en granit noir sont de taille humaine et mesurent entre 1,70 et 1,80 mètre. Elles représentent la déesse de la guerre, assise sur un trône et portant dans sa main la clé de la vie", a déclaré le secrétaire général du Conseil supérieur des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass.
Des inscriptions sont gravées des deux côtés du trône, indiquant les différents noms du pharaon Amenhotep III, a-t-il ajouté.
"Les statues, qui ont été trouvées dans un trou à trois mètres de profondeur et huit mètres de diamètre, sont en train d'être sorties de terre pour être restaurées", a encore indiqué M. Hawass.
Ces statues s'ajoutent à une trentaine d'autres de Sekhmet datant de la XVIIIe dynastie (1580 à 1314 avant J.C.), découvertes par la même équipe dans ce temple depuis l'an dernier.
Sekhmet est représentée souvent avec un corps de femme et une tête de lionne couronnée par le disque solaire. Déesse personnifiant les ravages du soleil, son nom signifie "la puissante". Elle pouvait causer la maladie mais avait aussi le pouvoir de guérison.
Le temple d'Amenhotep III est le plus grand parmi ceux bâtis sur la rive occidentale de Louxor.

 

Photo : Les statues © Conseil supérieur des antiquités égyptiennes

10 mars 2006

Kheti, fils du Nil

"Dans l'Egypte ancienne, Kheti, un apprenti scribe plutôt tête en l'air, rencontre la jeune Mayt, qui cherche à retrouver son chat. Celui-ci va les entraîner par un passage invisible dans le royaume des dieux. Ils vont devoir déjouer un complot visant la déesse Sekhmet, qui croit les hommes responsables du vol de son sceptre. Mais c'est sans compter la détermination du fourbe Apopis... "

Il s'agit là du premier tome, "Au-delà des portes", d'une future saga destinée aux jeunes. Je trouve ça plutôt bien en fait, ça leur permet de découvrir de façon ludique l'Egypte pharaonique. On ne connait pas la date exacte à laquelle le récit se déroule mais on apprend par bribes quel était le quotidien d'un apprenti-scribe grâce à un passage faisant référence à la satire des métiers et au bâton d'éducation.
Puis au bout de quelques pages, le jeune Kheti croise le chemin de Mayt qui poursuit son chat (animal sacré à cette époque) qui lui a echappé. Par on ne sait quel miracle, ils passent à travers un mur et les deux enfants sont entrainés dans le monde des Dieux. Ceci permet au lecteur de découvrir une bonne partie du panthéon égyptien et de connaitre la particularité de beaucoup de dieux. A la fin, un glossaire recense l'essentiel des notions historiques éparpillées dans l'album.
Les dessins sont assez simplistes mais il ne faut pas oublier que cette bande dessinée est destinée au public jeunesse, le lettrage est très agréable à lire et les couleurs sont vives. Tout ceci en fait un livre très attrayant dans lequel on prend plaisir à se plonger que l'on soit jeune (ma cousine de 10 ans a adoré) ou moins jeune (moi aussi j'ai adoré).
Je trouve que c'est une très bonne idée de permettre aux plus jeunes de découvrir la civilisation antique de cette façon, on suit les aventures de Kheti et Mayt avec presque passion (vont-ils retrouver le chat, pourront-ils repasser dans leur monde, vont-ils sauver pouvoir aider Sekhmet ...). L'Egypte antique prend des allures de folle épopée et c'est un régal. A lire ou à offrir donc.
Bien sûr, la réalité historique n'est peut-être pas tout à fait correcte mais ce bouquin n'a pas de vocation scientifique, il permet d'initier les jeunes à cette époque fabuleuse de l'Antiquité. Son autre but est de faire passer un moment agréable au lecteur. Ceux qui me répondront "Oui mais ça truffe la tête des gamins avec des choses fausses", je leur répondrais "et alors, les fils du genre La momie ça ne leur met pas des trucs faux en tête?" ... parce qu'entre nous, on n'a encore jamais vu une momie renaitre à la vie ...

10 février 2006

Une nouvelle tombe

Des archéologues américains ont mis au jour une nouvelle tombe dans la fameuse Vallée des Rois, en Egypte, non loin du tombeau de Toutankhamon. Les autorités égyptiennes ont présenté aujourd’hui cette découverte toute récente. Pour l’instant seul un étroit passage a été dégagé, permettant de voir l’intérieur de la chambre mortuaire : une pièce aux parois nues où reposent cinq sarcophages peints.

D’après un examen préliminaire des amphores trouvées dans la tombe, celle-ci daterait de la 18ème dynastie (entre 1500 et 1300 av JC). Il ne s’agirait pas d’une tombe royale mais peut-être de la dernière demeure de membres de la cour ou de prêtres, a précisé l’équipe de l’Université de Memphis.

Avant de poursuivre les investigations les archéologues doivent vérifier l’état de conservation des sarcophages et des momies qu’ils contiennent probablement. Quoi qu’il en soit les archéologues se félicitent de la découverte d’une nouvelle tombe dans un site pourtant très fouillé depuis des décennies.

 

Image : L’ouverture du conduit menant à la nouvelle tombe

05 janvier 2006

La cache de Deir El-Bahari

Trente-six années après le sensationnel déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion (1822), Auguste Mariette dit Mariette Pacha, crée le premier service de protection des monuments pharaoniques en Egypte. Les inspecteurs du Service des Antiquités se mirent alors à surveiller et à endiguer les pillages modernes des vénérables nécropoles au bénéfice des marchands et collectionneurs friands de ce passé fabuleux.


Avant même que Maspero ne lui succède, la région de Thèbes continua de fournir aux "antiquaires" des séries d'objets rassemblés provenant de trèsors funéraires ainsi que des papyri remontant à la XXI° dynastie. Une enquête aboutit en 1881 à la découverte d'une bande de pillards issue d'une famille de Gourna, et de la célèbre "Cachette de Deir El-Bahari" où ces pillards puisaient comme dans une généreuse banque les reliques à vendre.


Ce fut sans doute durant cette période que les pillards prélevèrent de la cachette les magnifiques vases de terre cuite vernissée d'un bleu intense, décorés à l'encre noire de motifs floraux et des cartouches au nom de Ramsès II qui avaient dû à l'époque être déposés près de la dépouille de pharaon par les prêtres. En forme de situle, ils contenaient encore des linges ayant servis à la momification du roi. Peu de temps après la découverte de la cachette, ils passèrent sur le marché des antiquités. Ce sont les seuls vestiges prestigieux connus à ce jour du mobilier funéraire du grand roi. Depuis 1906, ils sont conservés au musée du Louvre.


On imagine que l'émotion fut indescriptible à la vue de ce pitoyable Saint-Denis des pharaons du Nouvel Empire entassés dans un sinistre caveau à Deir El-Bahari. Il fallait faire vite pour dégager tout celà et l'extraction des sarcophages, souvent énormes, se fit en 48 heures et en plein jour. Leur transport jusqu'à Louxor fut achevé le 11 juillet. Trois jours plus tard le bateau envoyé par Maspero arrivait et repartait immédiatement après avoir effectué le chargement, direction Le Caire.


La nouvelle de cette découverte s'était répandue comme une trainée de poudre et la décéption des détrousseurs de momies était cruelle mais méritée. Cependant, les fellahs entre Louxor et Kouft, au moment où le bateau et son précieux chargement redescendait le fleuve, manifestèrent comme pour les funérailles du temps de leurs ancêtres leur profonde et déférente consternation, en se rendant sur les bords du Nil, les femmes poussant les cris de deuil et répandant la poussière sur leurs cheveux, les hommes tirant des coups de fusil ... Ramsès II le Grand avait retrouvé l'hommage de son peuple.

16 décembre 2005

Des vocations?

Mercredi soir sur France 3 un très bon reportage sur l'Egypte a été diffusé. Il retraçait le travail de la mission française du Louvre dirigée par Christiane Ziegler qui fouille une partie du site de Saqqara. Cette mission depuis quinze ans en Avril/Mai, alors que la chaleur est encore supportable fait des fouilles pendant un mois.

Fouiller sous le soleil de plomb du plein été est quasiment impossible et c'est aussi très dangereux pour la santé des fouilleurs et pour les antiquités découvertes qui ne supporteraient pas l'agression de l'astre solaire après des siècles de conservation dans un milieu protégé.

Tout au long de ce reportage, on a pu voir les merveilles ainsi découvertes comme si on y était. Des sarcophages ouvragés, des momies intactes, dont une encore recouverte de sa résille funéraire ce qui est tout à fait exceptionnel. De nombreuses poteries et un nombre incalculable d'oushebtis ainsi que des splendides momies à sandales découvertes le dernier jour de fouille et qui n'ont pas encore pu être dégagées. Bref un véritable trésor, un régal pour les yeux. Ce qui est étonnant c'est de trouver encore et encore d'aussi belles choses sur un site qui compte parmi les plus fouillés depuis des années.

En effet, Saqqara est le complexe funéraire du roi Djoser. C'est là que l'on retrouve la fameuse pyramide à degrés qui a été datée comme la plus ancienne construction en pierre taillée. Ce chef d'oeuvre a été édifié par le fameux Imhotep. Ce dernier a été divinisé à l'époque gréco-romaine et il a été assimilé à Asclepios, le patron de la médecine. Voilà en gros pour la petite histoire.

Depuis mercredi, un nombre incalculable de gens se découvrent une passion soudaine pour l'Egypte antique. C'est la même chose à chaque diffusion d'un reportage sur ce sujet. Les gens découvrent des merveilles et se prennent de passion pour ce qu'ils ont vu à la télévision. C'est assez drôle souvent, ils s'imaginent que les fouilles sur site ont un arrière goût d'Indiana Jones, qu'il faut se glisser dans des temples sombres et que c'est super romanesque. En fait, depuis la diffusion de ce très bon reportage, le nombre de demandes de renseignements pour savoir comment se rendre en Egypte pour fouiller a monté en flèche.

Néanmoins fouiller in situ est loin d'être de tout repos. Cela demande du temps, de la patience et une méthode rigoureuse. Même dégager une simple parcelle de sable demande une certaine rigueur. Les ouvriers égyptiens sont tout à fait compétents et les fouilles sont une activité traditionnelle fortement ancrée chez eux. On fouille de père en fils, c'est un honneur pour eux de participer aux campagnes. C'est pourquoi tous les nouveaux amoureux de l'Egypte ne sont pas toujours les bienvenus sur les chantiers : il faut leur montrer comment faire, leur indiquer où aller, les guider et les épauler. La main d'oeuvre locale est nettement plus qualifiée et leur connaissance du terrain irremplaçable.

Je me méfie souvent des personnes qui se prennent de passion pour l'Egypte antique (Pharaonique la plupart du temps, la période greco-romaine ayant moins la cote sauf lorsque le reportage montre les missions sous marines de Jean-Yves Empereur). L'Egypte n'est pas un pays coup de coeur, c'est un pays qu'on aime profondément et que l'on porte en soi. Une passion dévorante mais qui donne tellement de plaisir. C'est un bonheur de se pencher sur cette civilisation, un honneur d'apprendre à mieux connaître Pharaon. Les vrais passionnés me comprendront ce que je veux dire, on est habité par cette passion, comme transcendé.

Cependant j'adore les gamins qui commencent à "faire" l'Egypte à l'école. Ca les passionne la plupart du temps, ça les fascine. Je trouve ça fabuleux de les voir s'éveiller et s'émerveiller devant la grandeur de l'Egypte passée. Voir leurs grands yeux ouverts et leur bouche bée quand ils visitent les salles égyptiennes dans les musées. C'est presque émouvant en fait, ça me rappelle moi. "Maman quand je serai grande je serai Champollion."

13 décembre 2005

L'objet de ma passion

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28 juillet 2005

Egypte

Hier soir j'ai regardé le reportage sur le chantier de fouilles sur le site de Saqqara mené par l'équipe du Louvre l'an dernier. Je l'avais déjà vu lors de sa première diffusion.

Ma passion, l'Egypte antique, m'est à nouveau apparue dans toute sa splendeur.

Il faut que je postule pour une mission, je me plairais dans n'importe quel rôle, même simplement pour déblayer le sable avec mes mains. Restauratrice d'urgence ou documentaliste me plairait le plus bien évidemment. J'ai envie que mon nez hume à nouveau l'air épicé de l'Egypte, j'ai envie que mes yeux de déléctent de toutes ces beautés. Je brûle de poser mes mains sur des oeuvres encore intactes, m'occuper des si beaux visages dorés à la feuille.

J'ai envie de retourner en Egypte.

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